l'union européenne et la finance sont les ennemis cupides, perfides et impitoyables des peuples européens...


> je ne vois plus beaucoup de papillons,...

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Papillons : révélateurs de l’état

          Ils sont connus de tous et font généralement la joie des enfants dans les champs. Pourtant, ils sont gravement menacés. Leur disparition serait, comme celle des abeilles, une catastrophe pour toute la chaîne alimentaire. Les papillons sont bien étudiés, notamment au Royaume-Uni, et présentent des réponses rapides aux changements environnementaux ; c’est pourquoi ils constituent une sentinelle pour la conservation des insectes.

          Les papillons forment l'un des principaux groupes d'insectes, avec environ 160 000 espèces connues dans le monde, dont 20000 de jour. Ces pollinisateurs, qui se distinguent par leurs ailes colorées recouvertes d'écailles, sont indispensables à la biodiversité et représentent un remarquable indicateur de l’état de l’environnement. Ils étaient déjà sur Terre il y a 200 millions d’années.

          Au Royaume-Uni, où ils sont mieux suivis qu’ailleurs grâce à une tradition des sciences participatives, près des deux tiers des espèces de papillons ont décliné depuis le milieu de la décennie 1970 : selon l’ONG Butterfly Conservation, pour l’ensemble des espèces étudiées, leur aire de répartition s’est réduite de 42% et leur abondance de 6% entre 1976 et 2019. Une moyenne qui cache plusieurs tendances contrastées.

          Des disparités selon les espèces d'abord. Les plus touchés sont les papillons spécialistes, qui dépendent d’un habitat en particulier, comme les prairies fleuries. Ils ont disparu des deux tiers (68%) des lieux qu’ils fréquentaient dans les années 1970, et leur abondance a diminué d’un quart (27%). Pour les autres, qui se reproduisent dans des milieux agricoles et urbains, le recul est limité. Des disparités selon les nations ensuite. En Angleterre, le déclin des spécialistes atteint 75% en distribution et 25% en abondance, contre 39% et 45% au Pays de Galles. En Irlande, certaines populations semblent sur le point de disparaître, à l’image du Lasiommata megera. L’Écosse est, quant à elle, la seule nation montrant à long terme une augmentation.

         La tendance générale est à la baisse également à l’échelle européenne, où de plus en plus de pays mettent en place des programmes de suivi. Butterfly Conservation Europe calcule un indicateur pour 17 espèce caractéristiques des prairies. Il a chuté de près de 40% entre 1990 et 2007, puis de 36% entre 2010 et 2020. Sur cette dernière période, six espèces présentent un déclin modéré et une seule un fort déclin : le Phengaris orion. Pour les plus menacées, il existe des « listes rouges » nationales dans une trentaine de pays. Et elles sont plus préoccupantes dans des territoires industrialisés du centre et de l’est de l’Europe, notamment dans les anciennes républiques socialistes, que dans les régions méditerranéennes.

          La France, qui figure parmi les États européens les plus riches avec quelque 350 espèces de papillons de jour, ne dispose pas de données à bng terme. La surveillance n’y a démarré qu’au milieu des années 2000, grâce notamment au Muséum national d’histoire naturelle. Cependant, l'Office pour les insectes et leur environnement (OPIE) a estimé que les deux tiers ont disparu dans au moins un département de France métropolitaine depuis le début du XXIe siècle, surtout en zone urbanisée (40 à Paris).

LES CAUSES DE L’EFFONDREMENT

          L’artificialisation des territoires et l’expansion de l’agriculture intensive provoquent une perte et une dégradation des habitats des papillons. C’est là le principal facteur à l'origine de leur déclin. À la disparition des prairies (exploitation pour le bétail, labourage pour les cultures arables), s’ajoutent les changements de pratiques comme la fin du pâturage intensif. Cette perte et cette dégradation généralisées conduisent à la fragmentation des habitats. Ceux qui subsistent sont plus petits et isolés, les populations qui s’y reproduisent sont donc plus susceptibles de disparaître.

          Autre cause, la pollution chimique, due aux insecticides, aux néonicotinoïdes et aux dépôts aériens d’azote. Provenant principalement de l’ammoniac produit par l’élevage intensif et des émissions des véhicules, l'azote réduit la diversité de la végétation là où les papillons se reproduisent. Enfin, les effets du changement climatique provoquent des conséquences à la fois positives et négatives selon les espèces et les territoires.

         Certaines ne peuvent pas coloniser au-delà de leur aire de répartition et souffrent des sécheresses et des canicules de plus en plus fréquentes. D'autres, des espèces généralistes plus mobiles, migrent vers le nord : au Royaume-Uni, le Polygonio c-album a vu sa distribution doubler et son abondance tripler.

          Cette réactivité aux modifications induites par le réchauffement climatique fait des papillons des ressources précieuses. Ils sont bien étudiés grâce à leur diversité de couleurs et de dessins permettant l’identification de nombreuses espèces, mais les insectes dans leur ensemble restent peu connus. Et cela bien qu’ils représentent plus de la moitié de toutes les espèces décrites dans le monde. Des programmes spécifiques sont mis en place dans plusieurs pays afin de protéger les papillons les plus menacés. Il semble urgent de réfléchir à des mesures plus globales pour inverser la fragmentation des habitats et enrayer le déclin des papillons. D. Leclercq ( extrait du magazine Carto n° 78 juillet/août 2023 )

En effet, cet été, je n'ai vu qu'UN papillon à la fois alors qu'ils étaient plusieurs les années précédentes, pourquoi ? Parce que 4 lotissements pour environ 150 maisons individuelles ( artificialisation des terres ) viennent de se terminer tout autour de chez moi...